Comme beaucoup de parents francophones expatriés, vous vous demandez :

  • « Est-ce que mon enfant maîtrise bien le français ? » ;
  • « Mon enfant parle le français comme sa langue maternelle ou comme une langue seconde ? »

Cette consultation, je la retrouve à chaque intervention auprès d’un public de petits francophones expatriés, d’où ma volonté d’essayer de répondre à cette question dans cet article. Je tenterai de vous apporter des pistes pour déterminer le profil linguistique de votre enfant.

Dans quel cas peut-on se demander si notre enfant est FLAM ou FLS ?

Dans le cas de figure des expatriés, il est courant de former une famille avec une personne de son nouveau pays de résidence ou bien avec un autre expatrié d’un pays différent. Il y a beaucoup de cas de figure où papa ou maman n’est pas francophone, le français n’est pas la langue dominante à la maison et les parents ne savent pas comment interpréter le niveau de français de leur fils, de leur fille.

C’est dans le cas de familles biplurilingues que se pose souvent la question de savoir si notre enfant est français langue maternelle (FLAM) ou français langue seconde (FLS).

Enfant FLAM (français langue maternelle), qu’est-ce que c’est ?

Pas facile de définir nettement un répertoire verbal* (en gros les ressources métalinguistiques de votre enfant). Cependant certains éléments clés peuvent nous donner des pistes pour supposer ce qu’est un enfant FLAM. Cet enfant aura les données linguistiques nécessaires pour s’exprimer en français sur différents sujets de son quotidien à la maison, à l’école et sur des sujets de son âge. Le français est la langue de référence** : « la langue source » ou « la langue de départ », la langue où votre enfant est le plus à l’aise pour communiquer.

Par exemple, l’enfant FLAM peut parler de sa routine de la journée, de ce qu’il a mangé à la cantine, d’événements vécus ou encore des chevaliers et des princesses (ou de Fortnite, de Lady Bug, etc.) qui le fascinent.

Enfant FLS (français langue seconde), qu’est-ce que c’est ?

Selon le cadre théorique linguistique, ce concept connait plusieurs définitions. Prenons la plus adaptée à notre cas des petits francophones expatriés. On peut dire que le français langue seconde décrit l’ensemble des individus qui n’entrent pas dans les critères du FLAM (français langue maternelle) ou de FLE (français langue étrangère). Dans le cadre des sciences du langage en France, le FLS est une langue de nature étrangère qui par son importance sociolinguistique et son statut se distingue des autres langues étrangères de la personne.

Un enfant FLS serait donc dans le cas de familles biplurilingues expatriées un enfant qui ne maîtrise pas le français comme sa langue maternelle, qui l’utilise dans des situations sociales déterminées et qui a un statut spécial au sein de la structure familiale. Le français n’est pas la langue de référence, ce n’est pas la langue dans laquelle il est le plus à l’aise pour communiquer.

Par exemple, l’enfant FLS peut communiquer sur des sujets simples et connu de sa routine. Son répertoire verbal en français est moins développé car la majeure partie de ses interactions se font dans une autre langue dominante que le français. Il préférera communiquer dans la langue où il est le plus à l’aise.

Le sujet de la place des langues étant extrêmement vaste, j’aurai l’occasion d’y revenir dans d’autres articles. En attendant, j’espère que ces brèves précisions vous seront utiles. N’hésitez pas à vous inscrire à la Newsletter de Parlamamie pour recevoir des infos, des idées et des bons plans pour les enfants francophones expatriés et leurs familles.

Sources :

*Dabène L. , Repères sociolinguistiques pour l’enseignement des langues, Paris : Hachette, 1994

**Kochman R., « Y-a-t-il une langue maternelle dans la salle ? » dans Langue française : langue maternelle et communauté linguistique pp.119-128, 1982, en ligne sur https://www.persee.fr/doc/lfr_0023-8368_1982_num_54_1_5287

Cet article de vulgarisation scientifique (sciences du langage) a pour but de répondre aux inquiétudes et aux doutes des parents francophones expatriés dans un pays dont la langue véhiculaire n’est pas le français. Si vous pensez que des précisions du cadre théorique sont nécessaires, merci de laisser un commentaire ou de m’envoyer un email.

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